Anarchie

Anarchie
VOILA CE QU4EST MA PHILOSOPHIE ANARCHISTE

Si nous devions associer l'Anarchie a une phrase nous pourrions l'associer à "Ni Dieu, Ni maître" mais à une variante "Sans foi, Ni loi" mais qui, je pense serait pour certains péjoratif envers l'Anarchie, mais il faut préciser à ces personnes(mais malheureusement pas qu'à elles)que l'Anarchie ne se limite pas à un rejet de tout(ça serait plutôt le No Future),car, d'accord elle rejette mais ce n'est pas une obligation ,ce n'est pas ici l'idéologie Anarchiste !
Donc maintenant je vais vous expliquer ces deux phrases:
"Ni Dieu, Ni maître"
"Ni Dieu...", premièrement, une religion qu'est ce que c'est ? Je n'essaie pas de prouver qu'il existe ou pas un Dieu mais juste poser une réflexion dessus la religion.
Donc c'est un ensemble hiérarchisé, la religion est souvent basée sur la peur de la répression de Dieu. Son rôle à cette religion dans une société est de rassurer, car on demande au croyant d'obéir corps et âme à ce dieu et alors ils auront le repos éternel.
Mais pensez vous vraiment que nous avons besoin d'être rassurés? Surtout en sachant qu'elle utilise les faiblesses humaines pour asservir les hauts placés dans la hiérarchie religieuse à leur propre cause.
Certaines personnes puisent leurs forces dans la religion, c'est leur "raison" de vivre, je ne vois aucun problème à ça, mais de se servir des faiblesses humaines pour pouvoir former une unité et "vaincre" je ne pense pas que se soit la meilleure des solutions.
Aussi s'il existe un paradis, je pense qu'il est sur Terre et de même pour l'enfer et c'est à nous de les trouver. "Nous sommes Dieu de nous-même"
"...Ni maître", comme pour la religion qu'est ce qu'un maître ? Alors allons demander ça a "monsieur dico": " Personne exerçant un pouvoir, une domination, une influence"(définition de l'Encyclopédie Larousse)
Donc l'Homme (je parle de l'Homme au sens naturel qui est capable de ce fixer ses propres limites pas de l'homme devenu violent voir inhumain qui n'a plus la notion du bien et du mal et je parle de "l'Homme" avec un grand H) n'a pas besoin de maître, je dirais même qu'il devrait rejeter toute forme de pouvoir exercé sur lui, pour pouvoir s'affirmer, s'exprimer et agir comme bon lui semble."L'Homme doit être son propre maître pour pouvoir se déclarer libre de pensée et d'action."
"Sans foi, Ni loi"
"Sans foi...", ici "sans foi" n'est bon que pour la foi religieuse, pas pour la foi => la morale ! Si le paradis existe, l'Homme n'a pas besoin de religion pour y aller."Sans foi"n'est pas tout à fait la bonne phrase car l'Homme a peut être foi, mais en lui-même car toute personne peut accomplir des choses formidables pour le bien de tous, sans l'aide d'un Dieu ou autre.
On dit souvent"Dieu est amour" mais l'Homme est amour aussi !
"...Ni loi", l'Homme n'a pas besoin de maître et de ses lois répressives pour s'assumer. Le fait de rejeter la loi ne signifie pas forcement d'aller à l'encontre de celle-ci ! Le fait de la rejeter c'est se déclarer libre de juger nos propres actes et pensées. Chacun a sa propre définition du bien et du mal, il est donc inadmissible que l'on nous l'impose ! Chacun doit avoir la possibilité de se fixer ses propres limites, règles de vie, le première étant le RESPECT et la TOLERANCE puis la peur (mais la peur varie beaucoup plus suivant les personnes)
La phrase "Sans foi, Ni loi", représente le moyen de contredire les maîtres et les Dieux, mais si elle est mal comprise elle peut engendrer de graves conséquences, surtout dans une idéologie aussi importante, elle pourrait "salir" encore plus l'image de l'Anarchie, car aujourd'hui l'Anarchie est mal connue et beaucoup de personnes l'associent au mouvement de violence qu'il y a eu en Mai 68 par les jeunes. Je ne veux pas que vous deveniez Anarchiste car j'ai dit que l'Anarchie c'était bien (ce qui est faux ici car si je le dis, c'est implicite et pas fait exprès). Si vous le deveniez grâce à ce texte, c'est parce que vous avez compris l'idéologie de l'Anarchie, c'est vous qui l'avez décidé de vous-même, et c'est ici le principe même de l'Anarchie. Mais un tel paradoxe s'est déjà vu et se verra encore pendant longtemps si on ne fait rien, avec le mouvement SkinHead, car le manque d'information peut arriver à faire passer d'un idéo basé sur la tolérance sociale et le mélange culturel à un idéo fasciste, une partie du mouvement SkinHead s'est "nazifié" mais c'est une toute petite partie du mouvement et qui aujourd'hui s'en éloigne (c'est SkinHead fachos sont appelés "BoneHead")
Bon cette parenthèse fermée, continuons...
Trop souvent l'Anarchie a été associé à Violence mais l'Anarchiste ne recherche cependant que la liberté. D'accord l'Anarchiste comme le Punk et le SkinHead (je parle ici de tous les "genres" regroupés dans les mouvements, certaines personnes comprendront et merci à elles) qui font partie eux trois de ce que je pourrais appeler la "Mouvance Libertaire"(d'ailleurs ça ne les représente que mieux) ne sont pas des enfants d'accord, mais l'Anarchie ne pourra se faire sans violence et je ne m'en réjouis pas.
Mais cependant il ne s'agit pas de descendre dans la rue et de tuer ou de faire exploser des bombes sous prétextes d'Anarchisme.
Elle viendra avec la violence mais celle d'un peuple révolté et non pas celle d'un groupe d'Anarchiste fanatiques.
La police et autres forces de l'ordre nous la connaissons tous et nous ne l'aimons pas et les reproches que nous leurs faisons c'est la répression et la mise en pratique des lois des maîtres.
Mais il ne faut pas confondre la fonction et l'Homme (police/policier).
Il ne faut pas haïr un Homme pour son métier ce serait comme haïr un Homme pour sa couleur, son sexe...
Surtout dans ce cas ils sont les bourreaux mais aussi et surtout les victimes de notre société. Je sais très bien que des personnes sont peu intelligentes et sans scrupules (pour ne pas employer de grossièretés, restons polis !) et si elles exercent un certains métier, elles peuvent salir leur image donc ne jugeons pas s'il vous plait ! TOLERANCE !
Je ne défends pas les forces de l'ordre mais essaie juste d'expliquer, mais inversons de sens l"expression "force de l'ordre" et ça donne"ordre de force" je crois qu'il n'y a rien a redire à ce propos...
Quand je pense que les jeunes de Mai 68 sont ceux qui aujourd'hui nous bourrent de lois et autres choses inutiles du genre, je ne peux qu'avoir du dégoût envers ces personnes et surtout ne jamais devenir ainsi ! (Oui, je pense que l'on peut être vieux mais pas con, enfin ...)
Une hiérarchie de sa définition, dit qu'une personne est supérieure à une autre.
Comment parler d'égalité dans ce cas ?
Aussi tant qu'on y est la jeunesse est tout en bas de cette échelle, avec les rejetés (SDF)
Si il y a une hiérarchie c'est qu'il y a des riches et donc des pauvres, des ordonnateurs et donc des exécuteur, des acceptés et donc des rejetés ou marginaux, des exploiteurs et donc des exploités.
"La hiérarchie est la loi des maîtres"
"Le patron a besoin de vous, mais vous n'avez pas besoin de lui"
Tant que je suis à parler du patronat et du prolétariat, aussi incroyable que cela puisse paraître, les milliards de damnés de la terre se tiennent politiquement tranquilles. C'est même l'un des grands paradoxes de notre temps: plus de pauvres que jamais, et moins de révoltés qu'il n'y en eut jamais. Cette situation peut-elle durer ? C'est peu probable. La globalisation impérialiste qui pousse toutes les contradictions du monde impérialiste à leur comble, produira inévitablement une contre-offensive globale de toutes les forces populaires écrasées par la misère, la surexploitation, la domination, la terreur et la guerre.
Voila mais bon est-ce parce que je suis jeune que j'ai de telles idéo ?
Je ne sais pas, mais je ne veux jamais les oublier et peut être que je les ai du au milieu duquel je proviens.
Mais en tout cas j'espère que vous avez compris le message, et si vous avez compris qu'il s'agissez d'un appel à la violence, je ne pourrais que vous dire de relire et si vous ne comprenez pas je ne peut rien faire mais sinon pour certains ça les certifiera dans leur idées "Libertaires"(pour ne pas dire Anarchistes) et pour d'autre qui ne sont pas Anarchistes ça leur aura peut être un peu éclairé le sujet et se retrouverons dans cette mouvance.
Je n'ai pas ou très peu parlé du mouvement SkinHead et Punk même s'ils sont très liés mais, chaque chose en sont temps !
Je finirais ce texte sur une citation de Lénine :"Dans une société fondée sur le pouvoir de l'argent, tandis que quelques poignées de riches ne savent être que des parasites, il ne peut y avoir de "liberté", réelle et véritable."
Et une de Che Guevara "Maintenant que vous avez compris, rejoignez nous et ensemble fonçons à la liberté !"
Punker
# Posté le dimanche 17 juillet 2005 16:13

expliquons rapidement ce qu'est l'Anarchie pour mieu comprendre le sujet

expliquons rapidement ce qu'est l'Anarchie pour mieu comprendre le sujet
Le mot Anarchie nous vient du grec et signifie sans gouvernement, état d'un peuple qui se régit sans autorité constituée, sans gouvernement.
Avant que toute une catégorie de penseurs considérât une telle organisation comme possible et désirable, avant qu'elle fût prise comme but par un parti qui est désormais un des facteurs les plus importants des luttes sociales modernes, le mot Anarchie était généralement pris au sens de désordre, de confusion ; il est encore pris aujourd'hui dans ce sens par les masses ignorantes et par les adversaires intéressés à cacher la vérité.
Nous n'entrerons pas dans des digressions philologiques, car la question n'est point philologique mais historique. Le sens vulgaire du mot n'en méconnaît pas la signification véritable, étymologique ; il en est un dérivé dû au préjugé que le gouvernement est un organe nécessaire de la vie sociale, et que, par conséquent, une société sans gouvernement doit être la proie du désordre, oscillant entre la toute-puissance des uns et la vengeance aveugle des autres.
Né et vivant dans l'esclavage, héritier d'une longue progéniture d'esclaves, l'homme, quand il a commencé à penser, a cru que l'esclavage était une condition essentielle de la vie : la liberté lui a paru impossible. C'est ainsi que le travailleur, contraint depuis des siècles à attendre le travail, c'est à dire le pain, du bon plaisir d'un patron, habitué à voir sa vie continuellement à la merci de celui qui possède terre et capital, a fini par croire que c'est le patron qui lui donne à manger : naïf, i1 se dit : comment ferais-je pour vivre si les maîtres n'existaient pas ?
Et si, aux effets naturels de l'habitude, j'ajoute l'éducation donnée par le patron, par le prêtre, par le professeur, etc. qui tous sont intéressés à prêcher que le gouvernement et les maîtres sont nécessaires, si vous ajoutez le juge et le policier qui s'efforcent de réduire au silence celui qui pense autrement et voudrait propager sa pensée, on comprendra comment, dans le cerveau peu cultivé de la masse, a pris racine le préjugé de l'utilité, de la nécessité du patron et du gouvernement.
Donc, puisqu'on a cru le gouvernement nécessaire, puisqu'on a admis que sans gouvernement il ne peut y avoir que désordre et confusion, il est naturel, il est même logique que le terme Anarchie, qui signifie absence de gouvernement, signifie aussi absence d'ordre. Le fait n'est pas sans exemple dans l'histoire des mots. Dans le temps et les pays où le peuple a cru nécessaire le gouvernement d'un seul (monarchie), le mot république, qui signifie gouvernement de la majorité, était pris dans le sens de désordre et de confusion ; on retrouve encore cette signification dans le langage populaire de presque tous les pays.
Changez l'opinion, persuadez le public que non seulement le gouvernement n'est pas nécessaire, mais qu'il est extrêmement dangereux et nuisible et alors le mot Anarchie, justement par ce qu'il signifie absence de gouvernement, voudra dire pour tous : ordre naturel, harmonie des besoins et des intérêts de tous, liberté complète dans la complète solidarité.
On a tort de dire que les anarchistes ont mal choisi leur nom, puisque ce nom est mal compris de la masse et prête à une fausse interprétation. L'erreur ne dépend pas du mot mais de la chose, et la difficulté que rencontrent les anarchistes dans la propagande ne dépend pas du nom qu'ils se donnent, mais du fait que leur concept heurte tous les préjugés invétérés que nourrit le peuple sur la fonction du gouvernement ou, comme on le dit ordinairement, sur celle de l'État.
Avant d'aller plus loin, il faut bien nous expliquer sur ce dernier mot qui est, à notre avis, cause de nombreux malentendus. Les anarchistes se servent ordinairement du mot État pour exprimer tout cet ensemble d'institutions politiques, législatives, judiciaires, militaires, financières, etc. , par lesquelles on soustrait au peuple la gestion de ses propres affaires, la direction de sa propre conduite, le soin de sa propre sécurité pour les confier à quelques-uns qui, usurpation ou délégation, se trouvent investis du droit de faire des lois sur tout et pour tous, de contraindre le peuple de s'y conformer, se servant, à cet effet de la force de tous.
En ce cas le mot État signifie gouvernement ou, si l'on veut, l'expression impersonnelle, abstraite de cet état de choses dont le gouvernement est la personnification : les expressions abolir l'État, société sans État, etc., répondent donc parfaitement à l'idée que les anarchiste veulent exprimer lorsqu'ils parlent de destruction de toute organisation politique fondée sur l'autorité, et de constitution d'une société d'hommes libres et égaux fondée sur l'harmonie des intérêts et sur le concours volontaire de tous à la satisfaction des besoins sociaux.
Pourtant, le mot État a beaucoup d'autres significations dont quelques-unes prêtent à équivoque, surtout lorsqu'on a à faire à des hommes qui, grâce à leur triste position sociale, n'ont pas eu le loisir de s'habituer aux délicates distinctions du langage scientifique ou, pire encore, lorsqu'il s'agit d'adversaires de mauvaise foi qui ont intérêt à confondre et à ne pas vouloir comprendre.
On prend, par exemple, le mot État pour indiquer telle société, telle collectivité humaine, réunie dans un territoire donné et constituant ce que l'on appelle un corps moral, indépendamment du mode de groupement des membres et des rapports existant entre eux ; on s'en sert encore simplement comme synonyme de société. C'est à cause de toutes ces significations du mot État que les adversaires croient ou feignent de croire que les anarchistes veulent l'abolition de toute connexion sociale, de tout travail collectif et tendent à réduire les hommes à l'isolement, c'est à dire à une condition pire que la sauvagerie.
Par État on comprend aussi l'administration supérieure d'un pays, le pouvoir central, distinct du pouvoir provincial ou communal, et pour cette raison d'autres croient que les anarchistes veulent une simple décentralisation territoriale, laissant intact le principe gouvernemental : ils confondent ainsi l'Anarchie avec le cantonalisme et le communalisme.
État signifie enfin condition, mode d'être, régime social, etc. C'est ainsi que nous disons, par exemple, qu'il faut changer l'état économique de la classe ouvrière ou que l'état anarchiste est le seul État social fondé sur le principe de solidarité, et autres définitions semblables qui, sur nos lèvres (nous qui disons d'autre part vouloir l'abolition de l'État), peuvent, à première vue, paraître baroques ou contradictoires.
Pour ces raisons, nous croyons qu'il vaut mieux employer le moins possible l'expression abolition de l'État et lui substituer cette autre plus claire et plus concrète : abolition du gouvernement.
Extrait de L'Anarchie par Errico Malatesta
# Posté le dimanche 17 juillet 2005 16:21

un Anarchiste qui était présent en 68 raconte ...

un Anarchiste qui était présent en 68 raconte ...
J'ai sous les yeux le numéro spécial du Monde Libertaire et je ne peux m'empêcher de transcrire ici les premières phrases de l'éditorial que j'écrivis alors, sous le titre que je donne aujourd'hui à cet article.
" Les théoriciens distingués en sont tombés sur leur Cul, Ils avaient noircis les pages des revues spécialisées pour nous expliquer le processus d'évolution qui infailliblement, conduirait le prolétariat des usines à une prise de conscience de son aliénation. Ils avaient disserté sur l'union des travailleurs et des classes moyennes, sur les vertus. De l'outil parlementaire, sur les valeurs morales nouvelles qui se dégageaient de la société industrielle. Une poignée de jeunes gens à la tète pleine de rêves généreux, le coeur énorme, sont sortis en tumulte de leur école et toute cette prose savante est apparue en plein jour avec son caractère dérisoire ".
Oui, les organisations classiques du mouvement ouvrier, de l'extrême gauche à la gauche académique, tombèrent sur le cul ! Nous aussi d'ailleurs !
La Fédération anarchiste se débattait alors dans des difficultés devenues classiques et qui consistaient une fois de plus à faire face à des éléments désirant, à travers le marxisme, politiser notre mouvement. Des militants, qui formaient un groupe à la faculté de Nanterre, étaient sortis de l'organisation et constituaient, avec d"autres, eux-mêmes en dissidence avec leurs organisations, le groupe du 22 mars. Deux revues, Socialisme et Barbarie et ensuite L'internationale situationiste les marquèrent profondément.
Cette " dissidence " dont certains voulurent voir une scission qui ne toucha à peine qu'une dizaine de militants, était née du refus par la Fédération anarchiste d'accepter un programme axé sur la "planification " qui rompait avec le fédéralisme et qui rejoignait le matérialisme historique dont d'ailleurs tous les " anarchistes " du groupe du 22 mars faisaient leurs choux gras, et qui se réclamait ostensiblement des oeuvres de jeunesse de Marx. Lorsqu'on voit ce que certains sont devenus ou bien encore ce qu'ils écrivent aujourd'hui, lorsqu'ils sont restés dans la mouvance du mouvement anarchiste, on a le droit de sourire !
Il est vrai, et je l'ai écrit dans mon livre sur la révolte de la jeunesse; que nous aurions dû être plus attentif à ce mouvement de la jeunesse qui, depuis les lendemains de la libération, frondait les organisations classiques, y compris les organisations d'extrême gauche.
Cet état d'esprit avait déjà été perceptible à travers les Auberges de la Jeunesse, à travers les organisations de jeunes en lutte contre la guerre d'Algérie, à. travers le mouvement "Citoyens du monde" animé par Garry Davis, à travers la révolte des étudiants communistes contre leur parti, que nous avions été soutenir au quartier latin comme nous avions soutenu toutes les autres révoltes de la jeunesse. Cependant, comme les autres nous prendrons le train en marche !
Je crois que nous fûmes confrontés à un triple problème que nous ne sûmes pas résoudre.
La Fédération anarchiste vivait sur l'acquit théorique qui remontait au siècle dernier, et tous les efforts de renouvellement se heurtaient à un conservatisme traditionnel aux organisations qui ont une longue histoire. De jeunes intellectuels s'étaient rendus compte de cette stagnation et rêvaient d'introduire chez nous les principes d'une économie marxiste supposée incontestable, qui avait conquis l'Université. Alors qu'il aurait fallu tirer de nous mêmes, c'est-à-dire,de nos principes, les éléments d'une évolution théorique nécessaire, ils révèrent de marier ensemble la morale et l'art de vivre des anarchistes avec le matérialisme dialectique, ce qui conduisait forcément à l'impasse, celle-ci dépendant naturellement de celui-là. Ceux, dont j'étais avec Maurice Fayolle et certains autres camarades, la plupart appartenant au groupe Louise Michel, qui essayèrent d'introduire ce renouvellement dans nos milieux, se heurtèrent alors au danger de politisation de la Fédération anarchiste et se résignèrent. Mais il est vrai que si nous prîmes le train en marche, nous fûmes présents tout au long de ce mois de mai de la contestation.
C'est après le gala du groupe Louise Michel, à la Mutualité, où pour la première fois Léo Ferré chantait sa chanson les anarchistes, que les militants montaient vert la rue Gay-Lussac où ils se battirent toute la nuit aux côtés des étudiants. Nous vîmes la Fédération anarchiste avec ses drapeaux noirs à la tète de l'immense cortège qui traversa Paris de la République à Denfert-Rochereau. Pendant l'occupation de la Sorbonne, ses militants s'installèrent dans une parue des bâtiment donnant sur la rue St-Jacques. Ils étaient présents la nuit où les CRS essayèrent d'asphyxier les occupants et ceux qui étaient là se souviennent de Suzy Chevet et des militantes balançant les sceaux d'eau dans la cour pour faire tomber les gaz. Ils furent sur les barricades, ils étaient à la Bourse lorsque celle-ci fut incendiée, ils étaient à Charléty... Pour ma part, je participais à de nombreux meetings anarchistes, à Assas avec Morvan Lebesque et Mauxice Laisant, à La Sorbonne, à Censier, etc.
Nous avons couru, nous avons parlé, puis nous avons réfléchi sur cette " fête " qui nous emmenait nous ne savions où, conduits par nous ne savions qui ! Et c'est de cette expérience que la Fédération anarchiste décida de ne pas participer à des mouvements de foule que dans la mesure où elle sera informée des buts et du caractère des organisateurs. Puis la " fête " se termina.
Qu'en reste-t-il aujourd'hui ?
Les hommes d'abord ? Les hommes sont les hommes, la .plupart ont été récupérés. Soit par des partis soit par des professions nobles et mai 68 n'est plus pour eux qu'un souvenir qu'on raconte entre la poire et le fromage.
Où sont-ils tous ces jeunes gens qui jugeaient la Fédération anarchiste trop organisée, trop centralisée ?
Après avoir jeté leur colère à la tête de papa, du prof et de la société, ils ont enjambé la Fédération anarchiste et sont allés se reconvertir dans des partis ou dans des organismes d'Etat sur lesquels ils vomissaient.
Oui, les hommes sont les hommes mais nous nous sommes toujours là, dans le combat libertaire !
Pour les idées, c'est autre chose. Mai 68 a porté un coup fatal à l'idéologie des partis de gauche et à leur théorie marxiste. En contestant le marxisme officiel des partis politiques et en se repliant sur le Marx des oeuvres de jeunesse, mai 68 a mis en route un processus irréversible. Les hommes se sont mis à réfléchir, et aujourd'hui Staline, Lenine; Mao, Castro et bien d'autres ont évacué le Panthéon révolutionnaire où ils se croyaient installés pour l'éternité alors que Marx est réduit à des dimensions qui sont celles de tous les économistes du siècle dernier sans plus.
Enfin, mai 68 à bouleversé les rapports que les hommes entretenaient entre eux et de toutes les formules merveilleuses que les jeunes inventèrent alors, il en est une qui a dépassé le temps des barricades et qui s'avère chaque jour plus vraie, c'est celle qui proclamait :
" Ce n'est qu'un début, continuons le combat "!
Maurice Joyeux
# Posté le dimanche 17 juillet 2005 16:26

Les Anarchistes Vous Ne Savez Pas Qui Ils Sont ?lisez ça !

Les Anarchistes Vous Ne Savez Pas Qui Ils Sont ?lisez ça !
On connaît peu les anarchistes et, ce qui pis est, on les connaît mal. Interrogez cent personnes dans la rue et demandez-leur ce qu'elles savent des anarchistes. Beaucoup répondront par un écartement des bras ou un haussement des épaules qui exprimeront leur ignorance. D'autres, ne voulant pas avancer qu'elles n'en savent rien et s'estimant suffisamment renseignées par le journal dont elles recueillent dévotement les informations, répondront : "Les anarchistes sont de vulgaires bandits. Sans scrupules comme sans pitié, ne respectant rien de ce qui, pour les honnêtes gens, est sacré : La propriété, la loi, la patrie, la religion, la morale, la famille, ils sont capables des pires actions. Le vol, le pillage et l'assassinat sont érigés par eux en actes méritoires".
Qui sommes-nous ?
On se fait des anarchistes, comme individus, l'idée la plus fausse. Les uns nous considèrent comme d'inoffensifs utopistes, de doux rêveurs ; ils nous traitent d'esprits chimériques, d'imaginations biscornues, autant dire de demi fous. Ceux-là daignent voir en nous des malades que les circonstances peuvent rendre dangereux, mais non des malfaiteurs systématiques et conscients.
Les autres portent sur nous un jugement très différent : ils pensent que les anarchistes sont des brutes ignares, des haineux, des violents et des forcenés, contre lesquels on ne saurait trop se prémunir, ni exercer une répression trop implacable.
Les uns et les autres sont dans l'erreur.
Si nous sommes des utopistes, nous le sommes à la façon de tous ceux de nos devanciers qui ont osé projeter sur l'écran de l'avenir des images en contradiction avec celles de leur temps.
Utopistes, parce que nous voulons que l'évolution, suivant son cours, nous éloigne de plus en plus de l'esclavage moderne : le salariat, et fasse du producteur de toutes les richesses un être libre, digne, heureux et fraternel.
Rêveurs, parce que nous prévoyons et annonçons la disparition de l'Etat, dont la fonction est d'exploiter le travail, d'asservir la pensée, d'étouffer l'esprit de révolte, de paralyser le progrès, de briser les initiatives, d'endiguer les élans vers le mieux, de persécuter les sincères, d'engraisser les intrigants, de voler les contribuables, d'entretenir les parasites, de favoriser le mensonge et l'intrigue, de stimuler les meurtrières rivalités, et, quand il sent son pouvoir menacé, de jeter sur les champs de carnage tout ce que le peuple compte de plus sain, de plus vigoureux et de plus beau ?
Non ! Les anarchistes ne sont ni des utopistes, ni des rêveurs, ni des fous, et la preuve, c'est que partout les gouvernements les traquent et les jettent en prison, afin d'empêcher la parole de vérité qu'ils propagent d'aller librement aux oreilles des déshérités, alors que, si l'enseignement libertaire relevait de la chimère ou de la démence, il leur serait si facile d'en faire le déraisonnable et l'absurdité.
Certains prétendent que les anarchistes sont des brutes ignares. Il est vrai que tous les libertaires ne possèdent pas la haute culture et l'intelligence supérieure des Proudhon, des Bakounine, des Elisée Reclus et des Kropotkine. Il est exact que beaucoup d'anarchistes, frappés du péché originel des temps modernes : la pauvreté, ont dû, de bonne heure, quitter l'école et travailler pour vivre ; mais le fait seul de s'être élevé jusqu'à la conception anarchiste dénote une compréhension vive et atteste un effort intellectuel dont serait incapable une brute.

Tout anarchiste est propagandiste ; il souffrirait à faire les convictions qui l'animent et sa plus grande joie consiste à exercer autour de lui, en toutes circonstances, l'apostolat de ses idées. Il estime qu'il a perdu sa journée s'il n'a rien appris ni enseigné et il porte si haut le culte de son idéal, qu'il observe, compare, réfléchit, étudie toujours, tant pour se rapprocher de cet idéal et s'en rendre digne, que pour être plus en mesure de l'exposer et de le faire aimer.
Et cet homme serait une brute épaisse ? Et c'est un tel individu qui serait d'une ignorance crasse ? Mensonge ! Calomnie !
L'opinion la plus répandue, c'est que les anarchistes sont des haineux, des violents. Oui et non.
Les anarchistes ont des haines ; elles sont vivaces et multiples ; mais leurs haines ne sont que la conséquence logique, nécessaire, fatale de leurs amours. Ils ont la haine de la servitude, parce qu'ils ont l'amour de l'indépendance ; ils détestent le travail exploité, parce qu'ils défendent ardemment la vérité ; ils exècrent l'iniquité (injustice grave), parce qu'ils ont le culte du juste ; ils haïssent la guerre, parce qu'ils bataillent passionnément pour la paix.
[...]
Les haineux, ce sont les riches qui ferment les yeux au tableau de l'indigence(situation d'une personne dont les revenus ne suffisent pas au maintien de ses capacités physique) qui les entoure et dont ils sont la cause ; ce sont les gouvernants qui, l'½il sec, ordonnent le carnage ; ce sont les exécrables profiteurs qui ramassent des fortunes dans le sang et la boue ; ce sont les chiens de police qui enfoncent leurs crocs dans la chair des pauvres diables ; ce sont les magistrats qui, sans sourciller, condamnent au nom de la loi et de la société, les infortunés qu'ils savent être les victimes de cette loi et de cette société.
Quant à l'accusation de violence dont on prétend nous accabler, il suffit, pour en faire justice, d'ouvrir les yeux et de constater que, dans le monde actuel comme dans les siècles écoulés, la violence gouverne, domine, broie et assassine. Elle est la règle, elle est hypocritement organisée et systématisée. Elle s'affirme tous les jours sous les espèces et apparences du percepteur, du propriétaire, du patron, du gendarme, du gardien de prison, du bourreau, de l'officier, tous professionnels, sous des formes multiples, de la force, de la violence, de la brutalité.
Les anarchistes veulent organiser l'entente libre, l'aide fraternelle, l'accord harmonieux. Mais ils savent - par la raison, par l'histoire, par l'expérience - qu'ils ne pourront édifier leur volonté de bien-être et de liberté pour tous que sur les ruines des institutions établies. Ils ont conscience que, seule, une révolution violente aura raison des résistances des maîtres et de leurs mercenaires. La violence devient ainsi, pour eux, une fatalité ; ils la subissent, mais ils ne la considèrent que comme une réaction rendue nécessaire par l'état permanent de légitime défense dans lequel se trouvent, à toute heure, situés les déshérités.
Ce que nous voulons
L'anarchisme n'est pas une de ces doctrines qui emmurent la pensée et excommunient brutalement quiconque ne s'y soumet pas en tout et pour tout. L'anarchisme est, par tempérament et par définition, réfractaire à tout embrigadement qui trace à l'esprit des limites et encercle la vie. Il n'y a, il ne peut y avoir ni credo, ni catéchisme libertaires.
Ce qui existe et ce qui constitue ce qu'on peut appeler la doctrine anarchiste, c'est un ensemble de principes généraux, de conceptions fondamentales et d'applications pratiques sur lesquels l'accord s'est établi entre individus qui pensent en ennemis de l'autorité et luttent, isolément ou collectivement, contre toutes les disciplines et contraintes politiques, économiques, intellectuelles et morales qui découlent de celle-ci.
Il peut donc y avoir et, en fait, il y a plusieurs variétés d'anarchistes ; mais toutes ont un trait commun qui les sépare de toutes les autres variétés humaines. Ce point commun, c'est la négation du principe d'autorité dans l'organisation sociale et la haine de toutes les contraintes qui procèdent des institutions basées sur ce principe.
Ainsi, quiconque nie l'autorité et combat pour leur disparition est anarchiste.
Dans les sociétés contemporaines, dites bien à tort civilisées, l'autorité revêt trois formes principales engendrant trois groupes de contraintes :
1° la forme politique : l'Etat ;
2° la forme économique : la propriété ;
3° la forme morale : la religion
La première : l'Etat, dispose souverainement des personnes
La deuxième : la propriété, règne despotiquement sur les objets
La troisième : la religion, pèse sur les consciences et tyrannise les volontés.
L'ETAT prend l'homme au berceau, l'immatricule sur les registres de l'état civil, l'emprisonne dans la famille s'il en a une, le livre à l'Assistance publique s'il est abandonné des siens, l'enserre dans le réseau de ses lois, règlements, défenses et obligations, en fait un sujet, un contribuable, un soldat, parfois un détenu ou un forçat ; enfin, en cas de guerre, un assassiné ou un assassin.
LA PROPRIETE règne sur les objets : sol, sous-sol, moyens de production, de transport et d'échange, toutes ces valeurs d'origine et de destination communes sont peu à peu devenues, par la rapine(petit vol), la conquête, le brigandage, le vol, la ruse ou l'exploitation, la chose d'une minorité. C'est l'autorité sur les choses, consacrée par la législation et sanctionnée par la force. C'est, pour le propriétaire, le droit d'user et d'abuser (jus utendi et abutendi), et, pour le non possédant l'obligation, s'il veut vivre, de travailler pour le compte et au profit de ceux qui ont tout volé. ("La propriété, dit Proudhon, c'est le vol.").(Les propriétés agricoles à ce jour n'entre pas dans le même registre que la propriété bourgeoise des terres)

LA RELIGION - Ce terme étant pris dans son sens le plus étendu et s'appliquant à tout ce qui est dogme - est la troisième forme de l'autorité. Elle s'appesantit sur l'esprit et la volonté ; elle enténèbre la pensée, elle déconcerte le jugement, elle ruine la raison, elle asservit la conscience. C'est toute la personnalité intellectuelle et morale de l'être humain qui en est l'esclave et la victime.

Se prolongeant fatalement dans le domaine de la vie sociale, la religion crée, entretient et développe un état de conscience et une moralité en parfait accord avec la morale codifiée, gardienne et protectrice de la propriété et de l'Etat, dont elle se fait la complice et dont elle devient, ainsi, ce que, dans certains milieux férus de superstition, de chauvinisme(enthousiaste et naïf de l'empire/état), de légalité et d'autoritarisme, on appelle volontiers "la gendarmerie préventive et supplémentaire".

Négateurs et adversaires implacables du principe d'autorité qui, sur le plan social, revêt une poignée de privilégiés de la toute-puissance et met au service de cette poignée la loi et la force, les anarchistes livrent un combat acharné à toutes les institutions qui procèdent de ce principe et ils appellent à cette bataille nécessaire la masse prodigieusement nombreuse de ceux qu'écrasent, affament, avilissent et tuent ces institutions.
Nous voulons anéantir l'Etat, supprimer la propriété et éliminer de la vie l'imposture religieuse, afin que, débarrassés des chaînes dont la pesanteur écrasante paralyse leur marche, tous les hommes puissent enfin - sans dieu ni maître et dans l'indépendance (et l'indigence?) de leurs mouvements - se diriger, d'un pas accéléré et sûr, vers les destinées de bien-être et de liberté qui convertiront l'enfer terrestre en un séjour de félicité (grand bonheur).

Telle est, dans ses grandes lignes, la doctrine libertaire. Voilà ce que veulent les anarchistes.
La thèse anarchiste entraîne, dans la pratique, quelques conséquences qu'il est indispensable de signaler.

Première conséquence. Celui qui nie et combat l'autorité morale (ici morale veut dire la morale de l'Eglise et pas la morale Humaine, nuance !) : la religion, sans nier et combattre les deux autres, n'est pas un véritable anarchiste et, si j'ose dire, un anarchiste intégral, puisque, bien qu'ennemi de l'autorité morale et des contraintes qu'elle implique, il reste partisan de l'autorité économique et politique. Il en est de même et pour le même motif, de celui qui nie et combat la propriété, mais admet et soutient la légitimité et la bienfaisance de l'Etat et de la religion. Il en est encore ainsi de celui qui nie et combat l'Etat, mais admet et soutient la religion et la propriété.
L'anarchiste intégral condamne avec la même conviction et attaque avec une égale ardeur toutes les formes et manifestations de l'autorité et il s'élève avec une vigueur égale contre toutes les contraintes que comportent celles-ci ou celles-là.
Donc, en fait comme en droit, l'anarchisme est antireligieux, anticapitaliste (le capitalisme est la phase présentement historique de la propriété) et antiétatiste. Il mène de front le triple combat contre l'autorité. Il n'épargne ses coups ni à l'Etat, ni à la propriété, ni à la religion. Il veut les supprimer tous les trois.
Deuxième conséquence. Les anarchistes n'accordent aucune efficacité à un simple changement dans le personnel qui exerce l'autorité. Ils considèrent que les gouvernants et les possédants, les prêtres et les moralistes sont des hommes comme les autres, qu'ils ne sont, par nature, ni pires ni meilleurs que le commun des mortels et que, s'ils emprisonnent, s'ils tuent, s'ils vivent du travail d'autrui, s'ils mentent, s'ils enseignent une morale fausse et de convention, c'est parce qu'ils sont fonctionnellement dans la nécessité d'opprimer, d'exploiter et de mentir.

Troisième conséquence. Il résulte de ce qui précède que, toujours logiques, nous sommes les adversaires de l'autorité à subir. Ne pas vouloir obéir, mais vouloir commander, ce n'est pas être anarchiste. Refuser de laisser exploiter son travail, mais consentir à exploiter le travail des autres, ce n'est pas être anarchiste. Le libertaire se refuse à donner des ordres autant qu'il se refuse à en recevoir. Il ressent pour la condition de chef autant de répugnance que pour celle de subalterne (qui dépend de quelqu'un). Il ne consent pas plus à contraindre ou à exploiter les autres qu'à être lui-même exploité ou contraint. Il est à égale distance du maître et de l'esclave.

Ici éclate l'opposition profonde, la distance infranchissable qui sépare les groupements anarchistes de tous les partis politiques qui se disent révolutionnaires ou passent pour tels. Car, du premier au dernier, du plus blanc au plus rouge, tous les partis politiques ne cherchent à chasser du pouvoir le parti qui l'exerce que pour s'emparer du pouvoir et en devenir les maîtres à leur tour. Tous sont partisans de l'autorité... à la condition qu'ils la détiennent eux-mêmes!
Quatrième conséquence. Nous ne voulons pas seulement abolir toutes les formes de l'autorité, nous voulons encore les détruire toutes simultanément et nous proclamons que cette destruction totale et simultanée est indispensable.

La guerre est déclarée entre les deux principes qui se disputent l'empire du monde : autorité ou liberté. Le démocratisme rêve d'une conciliation impossible ; l'expérience a démontré l'absurdité d'une association entre ces deux principes qui s'excluent. Il faut choisir.
Seuls, les anarchistes se prononcent en faveur de la liberté. Ils ont contre eux le monde entier. N'importe ! Ils vaincront

Sébastien Faure
# Posté le dimanche 17 juillet 2005 16:41

Relation Anarchie/Eglise

Relation Anarchie/Eglise
La conduite de l'anarchiste envers l'homme d'Église est tracée d'avance. Aussi longtemps que les prêtres, moines et tous les détenteurs d'un pouvoir prétendu divin seront constitués en ligue de domination, il faut les combattre sans répit de toute l'énergie de sa volonté et de toutes les ressources de son intelligence et de sa force. D'ailleurs, cette lutte acharnée ne doit empêcher nullement que nous gardions le respect personnel et toute la sympathie humaine pour chaque individu chrétien, bouddhiste ou fétichiste dès que sa puissance d'attaque et de domination aura été rompue. Nous commencerons par nous affranchir, puis nous travaillerons à l'affranchissement du ci-devant adversaire.
Ce que nous avons à craindre de l'Église ou des églises est clairement enseigné par l'histoire. A cet égard, toute méprise, toute confusion sont impossibles.

C'est bien ! Il est juste, il est légitime que des gens se disant et se croyant même sacrés pour exercer la domination absolue sur le genre humain, s'imaginent qu'ils sont les possesseurs des clefs du ciel et de l'enfer, concentrent toute la force de leur haine contre les réprouvés qui contestent leurs droits au pouvoir et condamnent toutes les manifestations de ce pouvoir : " Exterminez ! Exterminez ! " telle est la devise de l'Église, comme aux temps de Saint Dominique et d'Innocent III.

Puisque la crainte et l'épouvante furent de tout temps les mobiles qui asservirent les hommes - ainsi que rois, prêtres, magiciens et pédagogues l'ont eux-mêmes répété sous tant de formes diverses - combattons incessamment cette terreur des dieux et de leurs interprètes par l'étude et par l'exposition de la sereine clarté des choses. Faisons la chasse à tous les mensonges que les bénéficiaires de l'antique sottise théologique ont répandus dans l'enseignement, dans les livres, dans les arts.
À l'intransigeance catholique, nous opposons égale intransigeance, mais en hommes et en hommes nourris de la science contemporaine, non en thaumaturges et en bourreaux. Nous repoussons absolument la doctrine catholique, de même que celle de toutes les religions connexes, amies ou ennemies; nous combattons leurs institutions et leurs oeuvres; nous travaillons à détruire les effets de tous leurs actes. Mais cela sans haine de leurs personnes, car nous n'ignorons point que tous les hommes sont déterminés par le milieu dans lequel leurs mères les ont bercés et la société les a nourris; nous savons qu'une autre éducation, des circonstances moins favorables auraient pu nous abêtir aussi.

Quelle que soit, au point de vue spécial de son métier, de son art ou de sa profession, la valeur du catholique croyant et pratiquant, quelles que soient aussi ses qualités d'homme, il n'est au point de vue de la pensée qu'une matière amorphe et sans consistance, puisqu'il a complaisamment abdiqué son jugement et par l'aveugle foi, s'est placé lui-même en dehors de l'humanité qui raisonne.
Toutefois l'armée des catholiques a pour elle la puissance de la routine, le fonctionnement de toutes les survivances, continuant d'agir en vertu de la force d'inertie. Spontanément, les genoux de millions d'individus fléchissent devant le prêtre resplendissant d'or et de soie ; c'est portée par une série de mouvements réflexes que la foule s'amasse dans les nefs aux jours de fêtes patronales ; elle célèbre la Noël et la Pâques parce que les générations antérieures ont célébré ces fêtes.

Je Ne Sais Pas Qui A Ecrit Ce Texte Donc Je Précise Bien Que Ce N'est Pas Moi !
# Posté le dimanche 17 juillet 2005 16:59