La physionomie sociale et politique de l'anarchisme, c'est une société libre, antiautoritaire, celle qui instaure la liberté, l'égalité et la solidarité entre tous ses membres.
Plus l'homme prend conscience, par la reflexion, de sa situation servile, plus il s'en indigne, plus l'esprit anarchiste de liberté, de volonté et d'action s'incruste en lui. Cela concerne chaque individu, homme ou femme, même s'ils n'ont jamais entendu parler du mot "anarchisme".
Le bourgeois trouve naturel de parler des travailleurs comme d'esclaves condamnés à le rester. Il n'encouragera jamais un travail authentique susceptible de produire quelque chose de réellement utile et beau, pouvant bénéficier à l'humanité entière. Malgré les capitaux colossaux dont il dispose dans l'industrie et l'agriculture, il affirme ne pas pouvoir aménager des principes de vie sociale nouvelle. Le présent lui paraît tout fait suffisant, car tout les puissants s'inclinent devant lui: les tsars, les présidents, les gouvernements et la quasi-totalité des intellectuels et savants, tout
ceux qui soumettent à leur tour les esclaves de la société nouvelle. "Domestiques" crient les bourgeois à leur fidèles serviteurs, donnez aux esclaves le servile qui leur est dû, gardez la part qui vous revient pour vos dévoués services, puis conservez le reste pour nous!... Pour eux, dans ces conditions, la vie ne peut être que belle!
"Non nous ne sommes pas d'accord avec vous là-dessus! rétorquent les socialistes et communistes étatistes. Sur ce, ils s'adressent aux travailleurs, les organisent en parti politiques, puis les incitent à se révolter en tenant le discours suivant: "Chassez les bourgeois du pouvoir de l'Etat et donnez-nous-le, à nous socialistes et communistes étatistes, ensuite nous vous défendrons et libererons".
Abécédaire de l'anarchiste révolutionnaire
Nestor Makhno (1932, extraits)

