Résistons ensemble
Il est habituel pour quelques importants secteurs du mouvement anti-globalisation d´exclure et même de criminaliser l´utilisation de l´action directe violente, notamment chez certaines organisations qui participent activement aux manifestations. Avec ce texte, je désire apporter quelques simples éléments en vue à un débat qui aide à respecter les tendances violentes politiques qui puissent combiner aussi bien des tactiques pacifistes que celles appartenant à l´autodéfense.
Mon intention n´est pas de donner priorité à l´action directe violente. Cette dernière forme est essentielle ; elle constitue la base même de toute lutte pour et près du peuple. Il existe cependant certains points qu´il conviendraient analyser sans peur, sans tomber dans les moyens de répression du fourbe/hypocrite (fallacieux aussi) discours de la classe dominante. Est-il bon de créer une confrontation directe contre la police et les symboles capitalistes ? Est-il juste et nécessaire d´utiliser l´action directe violente ?
Depuis la disparition de l´URSS on peut voir chez les différents leaders mondiaux un état de tension inédit/de peur par exemples : de nombreux sommets sont paralysés, plusieurs délégations ont étaient déplacées, des hautes personnalités devant quitter les lieux par la porte "de derrière". Tout ceci grâce/à cause de milliers et non pas des centaines de personnes participèrent aux confrontations avec les forces répressives de l'état "démocratique". L´extension de l´émeute surpassa la capacité répressive de la police. Il est donc vrai que les actions pouvant engendrer une haute charge de violence sont d´une importance spéciale face à un nouvel accroissement de la lutte sociale. Mais, pourquoi la nécessité de l´action directe violente est-elle née ?
Il arrive que dans certaines occasions les moyens d´exprimer un certain mécontentement politique, que les mouvements de certaines classes sociales (les dominées) réussirent à imposer au moyen de grands efforts dans nos dénommées "démocraties parlementaires", telles que le droit de se manifester pacifiquement, la réunion, la syndicalisation ... s´épuisent. Dans ces cas, il est facile de constater que les actions directes violentes n´ont d´autre but pour le système que de préserver la stabilité et l´équilibre social, pas d´en arriver à de véritables changements. C'est pour le système ça façon de voir la chose mais il n'en est pas toujours le cas pour les mouvements sociaux.
La lutte d´un mouvement populaire, dû au fait qu´elle étend et approfondit les actions qui montrent son désaccord, est amenée à la confrontation avec le système répressif. Cette lute est tout autant amenée à comprendre qu´il n´est pas suffisant de créer des réformes, elle en vient à comprendre le besoin de la destruction du capitalisme, le besoin de remplacer celui-ci par certaines relations sociales ayant pour base la solidarité et l´égalité en vue d'un monde plus juste et libre, ce qui pourrait amener a l'Anarchie.
Ainsi, face à l´absence de solutions réelles, des milliers de personnes prennent les rues dans le but de freiner la sauvage politique de l'état, le système n´interprète pas leurs actions comme étant "démocratiques". Il se produit une confrontation directe avec le pouvoir. Celui-ci décide de réprimer : Gènes en fut un clair exemple. Des milliers de manifestants pacifistes se virent obligés à utiliser des barricades et à lancer toute sorte d´objets pour ne pas être balayés par la violence de la police. Tel fut le refus des forces de l´ordre quand à la pratique des libertés citoyennes de manifestation pendant la réunion du G-8.
Certains secteurs de gauche maintiennent que l´action directe violente pourrait entraîner un accroissement généralisé de la répression envers les mouvements sociaux. Mais, ne nous trompons pas, c´est l´accroissement du conflit entre le peuple et l'état, résultat de la lutte ; qui met en question les bases même du système, ce qui produit la répression. Cette répression remet en question les gouvernements et la bourgeoisie ainsi que leur capacité pour décider comment doit fonctionner l´économie. Ainsi, la lutte sous toutes ses formes, même la pacifique ou celle qui puisse se réaliser au moyen d´éléments strictement légaux, sera écrasée sans compassion par les forces de l'ordre. La cause n´en sera pas l´action directe violente. Le système cherche donc à rentabiliser politiquement une telle situation désavantageuse, en attaquant les mouvements populaire sous le discours politique qui soutient le besoin de faire face à " l´extrémisme de certains groupes", ce discours est un leurre pour éradiquer toutes les formes de soulèvement du peuple, réprimant toutes les manifestations l'état pense pouvoir "contenir" le Peuple mais il a tort.
La violence est souvent provoquée par la surexploitation de la classe moyenne, la classe ouvrière et la petite bourgeoisie (personne ou entreprise qui ont des biens privée) par la classe dominante(la haute bourgeoisie ou tout simplement la bourgeoisie car elle comprend aussi la moyenne bourgeoisie) Cette dernière forme de violence est évidemment la plus visible mais elle ne peut pas éclipser la violence quotidienne des moyens utilisés par la classe dominante pour le surexploitation et tout autre de sujet a leur avantage.
La violence de "contention" est présente chaque fois que le système tente d´imposer à un groupe social mécontent le retour à sa passivité antérieure.
A Gènes tandis que des pacifistes étaient en train de préparer des manifestations pour la paix et contre le génocide, le gouvernement préparait les chambres de tortures dans les commissariats. Pendant qu´ils organisaient et mobilisaient des milliers de personnes, le gouvernement en faisait de même avec des milliers de policiers armés.
La liberté de manifestation se voit cerclée par les règles de ce qu´on appelle communément "état démocratique". C´est de là qu´est né le besoin de faire en grand nombre les émeutes et les sabotages. Parce que le système n´envisage pas de se démanteler, parce qu´il ne nous laisse plus d´autre solution que l'action directe violente pour se faire entendre.
L´action directe violente n´est pas seulement juste mais aussi nécessaire, puisqu´elle comporte une charge expressive de désobéissance, et de justice.
Lorsque l'on combat les forces répressives chargés de défendre l'état nous revendiquons, tout ce que nous ne pouvons pas dire dans les journaux et autres moyens de communication très répandu, il faut donc exprimer notre opposition radicale envers la politique libéraliste qui engendre une société capitaliste. L´existence du conflit se fait sentir...
D´un autre coté, les moyens de communications en lien avec la politique libéraliste tournent certaines nouvelles qui étaient valides pour le spectacle de l´information mais aussi pour servir à la criminalisation des mouvements sociaux. Mais il faut tenir en compte que l´action directe violente et le sabotage sont tout aussi un moyen pour rompre le blocus des medias. L´action directe prend force parce qu´elle n´est pas seulement une façon d´exprimer un mécontentement et un désaccord mais il s´agit aussi d´une façon de percer le silence dans lequel les moyens de communication voudrait noyer nos actions.
Nous devons condamner le rôle des banques et des forces répressives de la société et créer la rébellion/scission/dissidence et la conscience anticapitaliste, tout en montrant les vrais responsables de la politique libérale.
L'action directe violente est une forme de désobéissance à la légalité. Une manière de faire ce qui est "interdit" et de le charger totalement d´un sens politique. Mais il faut tenir en compte que les émeutes ponctuelles peuvent parfaitement être assumés par le système, nommés par celui-ci "colateral damages", c´est à dire le résultat inévitable qu´entraîne le libéralisme. Il en est de même des phénomènes de délinquance, trafic de drogues, viols. Ce sont des comportements inévitablement liés à une société qui est basé sur l´inégalité, l´oppression, du patriarcat (ou patronat).
Même si le système est capable d´absorber le dégâts, puisqu´il s´agit d´une vengeance a petite échelle, il a été démontré que ces "colateral damages" sont toujours une atteinte à l´harmonie et la stabilité des structures politiques et sociales. C´est pour cela que le gouvernement essaie de condamner et d´isoler ce genre d´actions. C´est pour cela aussi que nous devons concevoir ces éraflures comme de potentielles formes de renversement, pour faire de cette idée un espace de pouvoir alternatif, c´est à dire, une arme et un droit des mouvements sociaux pour combattre l'injustice.
Il est juste de réagir de façon directe face à une répression violente de la démocratie bourgeoise, la criminalisation de la dissidence, l´oppression dans la propagande et les médias etc.
Il faut échapper aux secteurs législatifs ; secteurs qui ne sont que des mécanismes d´autodéfense du système qui délimite les différents niveaux de revendications pour pouvoir les contrôler, et qui servent à justifier institutionnellement la répression.
Et ainsi nous assistons déjà à de petites victoires au sein du vaste front de la lutte contre la globalisation libérale et capitaliste à travers une méthode qui, sans être aussi essentielle que l´activité de base, fonctionne comme l´un de ces éléments indispensables : les bouteilles et les pierres.
Punker